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Publié par Sébastien Morgan

Melniboné, l’île aux Dragons, régnait jadis sur le monde. Désormais les Dragons dorment et Melniboné dépérit. Sur le trône de Rubis siège Elric, le prince albinos, dernier de sa race, nourri de drogues et d’élixirs qui le maintiennent tout juste en vie. La menace plane ; alors il rend visite au Seigneur du Chaos, Arioch, et conclut un pacte avec lui. Il s’engage ainsi sur le chemin de l’éternelle aventure : le Navire des Terres et des Mers le porte à la cité pestilentielle de Dhozkam, et son destin le pousse à franchir la Porte des Ténèbres ; au-delà, deux épées noires attendent leur maître et leur victime...

Je l'ai toujours prétendu et j'en suis de plus en plus convaincu, la littérature dite de l'imaginaire féerique et les grandes épopées, peuvent être une ouverture incroyable vers la spiritualité. A l'instar de la littérature chevaleresque, l'esprit du lecteur de ce type de littérature est, par définition, amené à rompre avec son quotidien et s'ouvre peut-être à l'imaginal, au symbolique, aux mondes supra-sensibles.

Encore faut-il que la saga soit de qualité car comme pour toute littérature, l'on trouve de tout dans la fantasy et la science-fiction. La qualité est certainement là dans la sombre et profonde geste d'Elric qui a, n'ayons pas peur des mots, quelque chose de shakespearien.

Âmes sensibles s'abstenir, nous sommes loin ici de la féérie naïve de l'époque victorienne. Le monde d'Elric est sombre, pétri de magie noire, dur, dramatique, voire nihiliste à l'image sans doute de notre monde post moderne...

Cette saga, par son côté sombre fut et reste une immense source d'inspiration.

Outre la qualité de la saga en elle-même, l'intérêt des romans de Moorcock est l'extraordinaire réflexion sur l'éternelle opposition entre les principes du chaos et de la loi. Au-delà du bien et du mal, les personnages sont pris dans l'opposition entre le dynamisme extrême parfois erratique, destructeur et l'ordonnance structurée qui immobilise et nie tout particularisme. L'écriture est dense, d'une poésie romantique et sombre qui n'est pas sans rappeler les œuvres de Jacob Boehme et du romantisme allemand.

Michael Moorcock, Elric de Melnibone, l'intégrale, Pocket, 2013

 

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