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Publié par Sébastien Morgan

Voici la première partie d'une nouvelle se déroulant dans le monde des Chroniques Merveilleuses :

 

- Merde ! Merde ! Merde !

Lailoken marchait d’un pas rapide vers la palissade de bois. Derrière lui, avançant dans un ensemble parfait, vingt hommes armés de lance et de bouclier rond.

Lui-même était protégé par une cuirasse de bronze, d’un bouclier et armé notablement d’une lourde épée celtique en fer. 

Devant lui, il voyait les hommes de Numitor qui s’agitaient. Pourtant la porte du palais restait ouverte.

J’espère qu’ils ne vont pas faire de conneries !

- Tenez-vous prêt les gars ! dit-il à l’adresse de ceux qui se trouvaient derrière lui.

Encore quelques dizaines de mètres !

Près de la porte, un archer encocha une flèche.

Non gamin, ne fait pas ça !

Il partit au petit trot, suivit par ses hommes, dont les pas lourds et menaçants résonnèrent dans le petit matin.

L’archer tendit son arc et hésita. Il jeta un coup d’œil vers son officier qui secoua la tête négativement. L’archer désencocha la flèche, à regret.

- Sage décision, dit Lailoken en arrivant à portée de voix.

Il compta cinq, non, six gardes au pectoral de bronze et au casque conique.

Il doit y en avoir quatre ou cinq de plus dans la maison du roi Numitor, cela fait une bonne dizaine… Nous sommes en surnombre, très bien.

Lailoken enleva son casque.

- C’est toi l’officier de la garde ?

- Oui, répondit l’homme.

Lailoken le regarda, c’était un vieux guerrier, dans la quarantaine, fatigué et désabusé.

- Tu ne vas pas faire de bêtise hein ? interrogea Lailoken d’un air faussement complice.

Le vieux garde de Numitor considéra l’homme qui lui faisait face tandis que les vingt guerriers qui l’accompagnaient faisaient irruption dans la cour du palais avec une discipline parfaite.

Lailoken était un homme étrange. De stature athlétique, il avait les muscles secs et épais qui roulaient sous sa peau. Ses gestes étaient amples mais vifs et puissants laissant deviner un talent de combattant redoutable. Mais ce qui impressionnait plus encore, c’était le ciselage fin de ses traits, à la foi emprunts de virilité et de grâce qu’on les eût cru taillé dans le marbre.

Il portait de longs et épais cheveux d’un blanc de neige qui encadraient ce visage presque surnaturel et soulignaient des yeux d’un bleu intense lui donnant quelque chose de la beauté surnaturelle de la mort.

- Vos cheveux… ?

- Oui ?

- On dirait qu’ils bougent… qu’ils sont vivants…

Un sourire blanc illumina le visage jeune (mais l’était-il vraiment ?) du guerrier.

- On me le dit souvent. Un cadeau de ma mère lingone, je suppose. Alors ?

Il haussa les épaules.

- Non, j’imagine que non. Je ne vais pas faire de bêtise… mais vous non plus, j’imagine ?

- Non. Personne n’aura à mourir.

- Même pas lui ?

- Surtout pas lui, j’y veillerai personnellement.

Les gardes du palais jetèrent leurs armes au sol. Un murmure de peur parcouru les servantes et les serviteurs qui étaient sortis dans la cour pour voir ce qui se déroulait. Lailoken leva sa main en signe d’apaisement.

- Calmez-vous, personne ne vous fera du mal.

Il se tourna ensuite vers ses hommes et comme pour appuyer ses propos, les répéta une fois de plus.

- Je vais maintenant aller voir votre roi, et pendant ce temps, personne ne vous touchera. Restez calme et tout ira bien.

Il vit dans les regards que la peur refluait.

Ses hommes, disciplinés, se placèrent à des endroits stratégiques, la porte, la tour, les réserves. Une demi-douzaine d’entre eux poussèrent les gardes dans un box de l’écurie et les tinrent en garde. (à suivre...)

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