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Publié par Sébastien Morgan

Savais-tu que la Catalogne fut l'un des épicentres de la chasse aux sorcières au XVIIe siècle ? Lorsqu'on se promenait dans la campagne à cette époque, il était courant de croiser des arbres où pendaient les dépouilles de femmes qui avaient subi des jours de torture avant d'être pendues. La pendaison étant le mode d'exécution que l'on appliquait aux personnes accusées de sorcellerie à cet endroit. Inutile de te préciser que l'écrasante majorité des accusations se portait contre les femmes. Contrairement à la propagande révisionniste qui va toujours s'empresser de rajouter : "oui mais il y avait des hommes aussi", la chasse aux sorcières fut avant tout une chasse aux femmes.

La Catalogne fait aujourd'hui amende honorable et suite à une grosse campagne d'étude universitaire du phénomène, le parlement vient de lancer la campagne "No eran brujas, eran mujeres” (Ce n’étaient pas des sorcières, c’étaient des femmes). Cette campagne entend être autant informative que de réparation, on prévoit une réhabilitation officielle de la mémoire de ces femmes avec entre autre l'attribution de noms rue en leur honneur. 

Pour Pau Castell PhD ayant fait sa thèse sur le sujet, il faut se garder d'une vision romantique : « Ces femmes persécutées n’étaient pas des sorcières. Ni même, contrairement à l’image que certaines visions folkloriques ont tenté de véhiculer sur elles, ces femmes savantes, détentrices de connaissances occultes, guérisseuses et spécialistes des plantes et des remèdes médicinaux, qui s’opposaient à l’Eglise et à l’orthodoxie scientifique de l’époque. C’est une invention du nationalisme romantique du XIXe siècle, des Grimm, de Michelet. Un ensemble hétérogène qui ne suit pas un modèle, hormis le fait qu’elles étaient toutes accusées de sorcellerie. Des jeunes, des vieilles, toutes origines sociales confondues, quoique prédominent effectivement, parmi les accusées, des femmes marginalisées, certaines originaires d’autres endroits, des émigrées, dépourvues de liens étroits dans la communauté, ou mises sur la sellette par un voisin mû par un intérêt quelconque ou par un ennemi. Beaucoup sont veuves et vivent seules, donc moins capables de se défendre et plus vulnérables. »

Bon, je t'avoue que sur ce dernier point, en tant que romancier, j'aime bien l'idée de vraies sorcières se dressant avec leurs pouvoirs contre l'Eglise et l'obscurantisme patriarcal, malheureusement, il parait que ce n'est pas scientifique... je garde donc ça pour mes romans fantasy. Dans la vraie et triste vie, il faut admettre que peu ont eu la force de se dresser contre la puissance spirituelle, temporelle et criminelle du clergé et de ceux que la superstition a gangréné.

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