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Publié par Sébastien Morgan

Cette semaine, j'ai lu "Lilith, gender and demonology" de Stephanie Spoto. Ce livre qui vaut une thèse universitaire est d'une qualité académique irréprochable. Les références, les notes et les considérations de cette spécialiste de la Renaissance nous placent dans le plus rigoureux niveau des sciences humaines. Dans la première partie de l'exposé, l'autrice montre que la magie renaissante, prémice et outil de la révolution culturelle renaissante n'est pas vraiment éloigné du christianisme orthodoxe de l'époque. Plongeant ses racines dans le néo platonisme, la doctrine magique propose au mage, érudit, européen et masculin, de se rapprocher de Dieu. Les pratiques ascétiques ne sont pas absentes de cette magie qui propose à ses adepte de se rapprocher d'un Dieu qui est clairement celui d'Abraham. Puis, peu à peu, surtout dans la littérature et le théâtre élizabéthain, un personnage opposé à la figure du mage pieux et sage, va se construire. Il s'agit de la femme, folle, sorcière et dangereuse dont la figure archétypale est tantôt Hecate, tantôt Lilith. Celle-ci devient bientôt la "somme de toutes les peurs" : peur de la sexualité féminine, peur du pouvoir féminin, peur de la femme elle-même. L'autrice ne va pas beaucoup plus loin que le XVIIe siècle dans ce qui est finalement une étude de la figure féminine dans l'imaginaire. Dommage mais on devine bien que cet imaginaire né de la gynophobie chrétienne fut la source de l'anti féminisme qui se retrouve encore aujourd'hui dans les relents patriarcaux dont le courant masculiniste et viriliste n'en est pas le moindre.

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